20 septembre 2019
Afrique

Soudan : Accusé de corruption le procès d’Omar el-Béchir s’ouvre à Khartoum

Destitué le 11 Avril dernier après quatre mois de manifestations populaires sans précédent, le procès du président déchu Omar el-Béchir s’est ouvert ce lundi au Soudan, où le processus de transition vers un pouvoir civil attend toujours son premier acte concret avec la désignation des membres du conseil souverain.

Déposé par l’armée le 11 avril en réponse à des manifestations massives, l’ex-chef de l’Etat est arrivé lundi matin devant un tribunal de Khartoum, escorté par un imposant convoi militaire. Détenu dans une prison de Khartoum, Omar el-Béchir âgé de 75 ans, a été informé par le parquet qu’il faisait face à des accusations de « possession de devises étrangères, de corruption » et trafic d’influence.

Le brigadier Ahmed Ali en charge de l’instruction, a affirmé devant la cour qu’Omar el-Béchir avait reçu 90 millions de dollars (81 millions d’euros) du prince héritier saoudien Mohamed Ben Salman.

L’ouverture du procès de l’ancien président était initialement prévue pour le samedi 17 Août, le même jour prévu pour la signature d’accord de transition historique entre le Conseil militaire au pouvoir depuis avril et la contestation. Mais malheureusement, ce procès avait été reporté sine die.

Rappelons que fin avril, le chef du Conseil militaire de transition le général Abdel Fattah al-Burhane, avait affirmé que l’équivalent de plus de 113 millions de dollars avaient été saisis en liquide dans la résidence de l’ex-président à Khartoum. Le procureur général avait également déclaré en mai qu’Omar el-Béchir avait été inculpé pour des meurtres commis lors des manifestations anti régime ayant conduit à son éviction, sans que l’on sache quand il devra répondre de cette accusation.

Vers une extradition à la CPI ?

La semaine dernière, Amnesty International a averti que son procès pour corruption ne devait pas détourner l’attention des accusations plus lourdes auxquelles il est confronté à La Haye. Omar el-Béchir, qui a dirigé le pays d’une main de fer après un coup d’État soutenu par les islamistes en 1989, fait l’objet de mandats d’arrêt internationaux de la Cour pénale internationale (CPI), pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide, au cours de la guerre au Darfour (ouest), où une rébellion a éclaté en 2003.

L’Organisation des Nations Unies (ONU) quant à elle, a affirmé que le conflit a fait plus de 300 000 morts et 2,5 millions de déplacés, et que des centaines de milliers de personnes vivent encore dans des camps misérables et appauvris plus d’une décennie et demie plus tard. La CPI avait exigé depuis des années qu’Omar el-Béchir soit jugé, et a renouvelé son appel depuis sa chute. Amnesty a donc appelé les nouvelles institutions de transition au Soudan à ratifier le Statut de Rome de la CPI, ce qui permettrait de transférer l’ancien président à ce tribunal international.

Par Ruth J. HOUNSOU

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