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Sierra Leone : « Non à la création d’écoles pour adolescentes enceintes », la cour de justice de la CEDEAO a tranché

La décision était très attendue par les associations qui se sont levées pour dénoncer « une exclusion scandaleuse ». La cour de justice de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a ordonné le 12 décembre à la Sierra Leone de « lever immédiatement l’interdiction faite aux jeunes filles enceintes d’aller à l’école ».

Une décision contraignante pour le gouvernement

La Sierra Leone avait officiellement interdit aux filles enceintes d’aller à l’école en 2015, à la suite de l’épidémie d’Ebola de 2014, alors que 14 000 d’entre elles étaient tombées enceintes. Selon Amnesty international qui avait exprimé son indignation, des milliers d’orphelines, dont les parents étaient décédés d’Ebola, s’étaient tournées vers la prostitution pour survivre. Pour d’autres, la grossesse était le résultat de viols.

Plusieurs ONG avaient contesté cette interdiction auprès de la cour de justice de la CEDEAO qui a donc tranché en leur faveur. Il s’agit d’une décision contraignante pour le gouvernement sierra-léonais.

Amnesty International a salué une décision courageuse dans un pays confronté à des niveaux extrêmement élevés de violences sexuelles, héritages de la sanglante guerre civile de 1991-1992. « Cette décision est un moment décisif pour les milliers de filles qui ont été exclues de l’école et dont le droit d’accéder à l’éducation sans discrimination a été violé », s’est félicitée Marta Colomer, directrice adjointe d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.

« Tant que je serai président, pas de filles enceintes à l’école »

Reste à savoir maintenant si la décision de la cour de justice de la CEDEAO sera exécutée par les autorités sierra-léonaises. Ce sera un test pour de nombreux pays africains où les jeunes filles enceintes et les mères adolescentes sont exclues des écoles publiques. C’est le cas notamment en Tanzanie où le président John Magufuli a déclaré : « Tant que je serai président, aucune élève enceinte ne sera autorisée à retourner à l’école. »

Dans son rapport publié en 2018, Human Rights Watch a dénoncé les autorités scolaires dans certains pays africains qui recourent à des moyens nocifs pour identifier les filles enceintes, notamment des tests de grossesse forcés. Certaines d’entre elles craignant tellement cette humiliation abandonnent prématurément l’école lorsqu’elles découvrent qu’elles attendent un enfant, déplore l’ONG des droits de l’Homme.

 

 

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